L’Archos 5 nouveau est arrivé !

Liminaire :
Cette preview est intégralement basée sur un produit de pré-série disposant d’un firmware antérieur à celui qui sera commercialisé. De nombreux changements pourront par conséquent avoir lieu d’ici notre test final, qui sera probablement effectué dans le courant des prochaines semaines.
Design
Avec la génération 6, Archos avait entamé une rupture profonde dans le design de ses produits : exit l’aluminium brossé, place à l’aluminium sablé et chromé ; exit les colonnes de boutons directionnels, place au tout tactile.
L’année dernière, l’Archos 5 avait fait logiquement sensation dans l’ensemble de la presse high-tech : Archos se mettait enfin à faire du beau ! On pouvait donc fort légitimement s’attendre à ce que la marque française fasse perdurer ce design réussi.
Un an plus tard... L’Archos 5 nouveau arrive dans les bacs et l’enthousiasme se mêle à un certain désarroi.
Enthousiasme car ce nouveau produit donne tout son sens au terme de "tablette" : malgré les nouveaux composants intégrés (slot SD, GPS, accéléromètre, port micro USB...), Archos a réussi à atteindre une finesse d’un centimètre à peine grâce à deux facteurs clef : le remplacement des disques dur 1,8 pouces par de la mémoire flash et l’élargissement assez sensible de la tablette pour y placer les antennes.

Mais ne boudons pas notre plaisir : Archos a réussi là un véritable tour de force. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer la proportion de surface utile de l’Archos 5 avec celui de l’iPhone ou iPod Touch : le produit d’Archos s’en sort avec les honneurs...
Désarroi car avec cette nouvelle tablette, Archos n’a pas su conserver tout l’aspect sexy de son prédécesseur : même si cette tablette reste clairement sympathique, l’assemblage de l’aluminium chromé et des bords en plastiques noirs laisse dubitatif tant cela semble de mauvais goût ; on imagine pourtant aisément la même tablette tout de chrome ou tout de noir vêtue avec la plus grande classe... mais là !? Les deux coloris ne s’assortissent pas le mieux du monde...

On peut aussi reprocher, comme l’année dernière, que l’aluminium chromé n’ait pas été traité pour éviter les traces de doigts, qui s’amoncèlent aussi vite sur la surface que les trolls dans les discours de Steve Jobs lors de la dernière keynote. Au final, quelques heures seulement après la sortie de la vitrine de la Fnac, la tablette a déjà perdue sensiblement de son sex-appeal tant les empreintes de doigts sont légion...

Enfin, plus anecdotique, l’insertion de la prise casque et du port micro USB sur le flanc gauche éminemment courbé n’est pas du plus bel effet. On peut même y revoir, pour les plus cyniques, la "touche" du 105 et son dos bosselé.

Une fois de plus, on remarquera également que le design d’Archos reste encore loin du perfectionnisme de son concurrent de Cupertino : alors que le baladeur brille par sa finesse remarquable, la R&D de la PME française omet d’arrondir les angles des tranches supérieures, pourtant gage d’une impression de finesse accrue pour l’utilisateur.
Côté finition, les photos ne sont pas représentatives : ayant testé un produit non destiné à la vente et probablement passé en de nombreuses mains peu soigneuses, le produit n’était pas de toute première jeunesse.
Néanmoins, il est nécessaire de le signaler, la finition n’était pour ainsi dire par le point fort du modèle précédent puisque de nombreux problèmes de peinture écaillée ou de prise jack ont alimenté nos forums tout au long de l’année : espérons donc qu’Archos ait su améliorer ses procédés de fabrication depuis l’année dernière...
Pour l’anecdote, une précision sur les deux boutons qui subsistent : le volume et On/Off sont tous deux disposés sur la tranche supérieure et inversés par rapport à la génération précédente. Le bouton TV/LCD a quant à lui disparu.
Enfin, pour terminer cette première partie, le poids semble répartit de façon homogène dans le baladeur et renvoie une sensation de compacité appréciable.
Interface
L’abandon par Archos de leurs firmwares spécifiques, pour entrer de plain pied dans le monde d’Android, renvoyait un sentiment pour le moins mitigé : si ce changement impliquait une probable ouverture de l’OS aux applications tierces, demandées depuis longtemps par la communauté, force est de constater qu’Android n’est pas réputé, jusqu’à présent, pour son esthétique...
Or, tout comme pour le design, l’Archos 5 de première génération avait agréablement surpris par son interface : relativement jolie, pleinement fluide (au bout de quelques mises à jour tout de même...), elle avait largement participé au succès esthétique du produit.
Spécificités Archos :
Avec l’arrivée de téléphones Android entièrement relookés (HTC Hero, Sony Ericsson Xperia Rachael, etc.), chacun attendait de voir comment Archos allait transformer l’interface de base d’Android. Après quelques minutes produit en main, le choc est rude : l’interface proposée est quasiment identique à celle de Google, un simple menu additionnel spécifique à Archos étant présent sur un des bureaux pour accéder aux applications phares de constructeur français : musique, vidéo, photo, jeux et Media Club. Cinq icônes, classiques à mourir, même si plutôt esthétiques.

Chacune de ces icônes renvoie vers les menus classiques d’Archos, qui ressemblent tellement à ceux de la génération précédente qu’on devine une simple adaptation minimaliste. Tellement minimaliste d’ailleurs que ces menus sont sources de saccades, globalement absentes du reste de l’interface.
Vidéo de présentation du menu Archos
Interface classique Android :
Observons donc le reste de l’interface Android, qui se pare ici de sa version 1.5 baptisée Cupcake. Les habitués s’y retrouveront forcément : trois bureaux et un système de porte-application toujours accessible qui permet de les organiser comme bon nous semble, en déplaçant les icônes du porte-application vers les bureaux et vice-versa. D’une simplicité enfantine.
Pour déplacer une icône, justement, il suffit de laisser posé le doigt dessus, une ou deux secondes : l’icône grossit alors légèrement et peut être déplacée.
A noter qu’un menu composé notamment de touches directionnelles virtuelles peut être affiché sur le bord droit.
L’ensemble est globalement très fluide, que ce soit pour la translation horizontale du passage d’un bureau à l’autre, ou pour le défilement des listes verticales.
A vrai dire, seule la navigation dans le porte-application peut mettre un peu de temps à se fluidifier quand le nombre d’applications installés est conséquent.
Accéléromètre :
L’accéléromètre est bien heureusement de la partie. Mais, avec le firmware utilisé, il semble encore bien inconstant :
sensibilité très variable d’un menu à l’autre
animation quasi inexistante lors du changement de vue
absence pour certains menus Archos (notamment vidéo)
Gageons que la R&D d’Archos travaille dessus pour le rendre plus souple d’utilisation...
Internet :
Adieu Opera... Le navigateur utilisé au sein des trois dernières générations d’Archos laisse place à une navigateur spécifique de Google.
Si l’habitué d’Opera est quelque peu déstabilisé au départ, les gestures de zoom étant notamment remplacées par des icônes, on apprécie en revanche pleinement la fluidité de défilement des pages, leur rapidité d’affichage, la gestion pratique des onglets ou encore le copier/coller...
Mais tout n’est évidemment pas rose : alors qu’Henri Crohas le mettait largement en avant dans ses précédentes présentation, le flash a tout bonne disparu des pages Web !
La raison est simple : le navigateur mobile de Google n’intègre pas encore la technologie d’Adobe et Archos n’a visiblement pas eu les moyens ou le temps de développer en interne cette fonction, comme HTC l’a par exemple fait au sein de son téléphone Hero. C’est le marketing d’Archos qui va être ravi d’essayer de faire passer la pilule...
Tout n’est cependant pas désespéré : le support de la technologie Flash est a priori prévu pour les prochaines versions d’Android (Donut ? Eclair ?) et Archos semble y travailler également de son côté...
Pas de jeux flash alors ?
Et si ! Fort heureusement, si le flash n’est pas intégré au sein du navigateur, il fonctionne pleinement pour les applications swf ainsi que pour les vidéos flv.
Plus rapide que sous la Gen6, l’Archos 5 Android n’est cependant pas encore de taille à encaisser les fichiers les plus lourds. Mais voilà qui devrait redonner un peu de souffle à notre ludothèque... en attendant que des jeux dédiés Android déboulent vraiment.
En revanche, vraie déception, l’accéléromètre n’est pas du tout pris en compte : quelque soit l’inclinaison de la tablette, les jeux et applications flash continuent de se lancer sous le format "horizontal", même quand ils sont taillés pour du format vertical !
Espérons qu’une mise à jour vienne corriger cela, l’apport serait réellement intéressant...
Autres fonctions
Lecteur PDF :
La lecture des fichiers PDF est toujours d’actualité fort heureusement et le lecteur que j’ai pu utiliser propose une fluidité sans comparaison avec la génération précédente.
Lecteur Office :
Un lecteur de fichiers Office est également de la partie. Non testé pour l’instant.
GPS :
Nombreuses étaient les personnes regrettant que le GPS de l’Archos 5 de première génération nécessitait le support voiture pour être utilisé.
Archos a entendu ces doléances : désormais, les antennes et la puce GPS sont intégrées directement à la tablette, ce qui autorise par conséquent le mode piéton, idéal pour se manger les panneaux d’information en pleine tête.
Grand flemmards devant l’éternel, nous n’avons pas encore testé cette fonction, même si une rapide démonstration nous a été effectuée. Autant dire que ça claque bien : bien plus fluide que les précédentes versions, le GPS s’accompagne désormais de vues en 3D de la ville et certains de ses bâtiments sont particulièrement détaillés.
Et en pratique...
Applications :
Comme indiqué en préambule, l’ouverture d’Archos aux applications tierces constitue l’intérêt majeur du passage à Android.
Des questions subsistaient pourtant : la tablette Archos, par ses dimensions supérieures sera-t-elle réellement compatible ? On peut d’ores et déjà se faire une idée.
L’AppsLib, le magasin pour applications Android ouvert récemment par Archos propose déjà plusieurs dizaines d’applications. Pour en avoir testé quelques unes, les adaptations semblent parfois avoir été réalisées à la va-vite : images disproportionnées ou pages de lecture qui se termine hors écran, certaines applications ne sont visiblement pas bien finies. Mais qu’importe : le magasin vient tout juste de démarrer, laissons les choses s’améliorer tranquillement, surtout que les applications concernées sont gratuites.
En revanche, stupeur : la tablette Archos n’est pas reconnue par le site Android Market ! Ainsi, comme sur PC s’affiche les simples descriptifs des applications, sans possibilité de les télécharger...
La raison semble provenir de chez Google : Android ayant été conçu pour les téléphones portables, le produit d’Archos sort du cahier des charges et n’a visiblement pas obtenu le certificat nécessaire. Archos assure cependant que Google travaille sur une évolution de ce cahier des charge afin de prendre en compte, dans un futur proche, les produits tels que celui d’Archos...
Autant dire qu’il en va de la crédibilité et de la pertinence du passage d’Archos à Android.
Cependant, tout n’est pas perdu : quelques recherches sur internet permettent de télécharger dirhttp://www.archoslounge.net/ecrire/ ?exec=articles_edit&id_article=9019ectement, sans passer par Android Market, des dizaines d’applications et de les installer ensuite sur la tablette d’Archos (il suffit pour cela de lancer l’archive apk depuis l’explorateur de fichier de la tablette...).
A partir de là, c’est Byzance : sur la centaine d’applications testées, la majeure partie des logiciels fonctionnait (seuls ceux dédiés à des fonctions téléphoniques posaient évidemment problème).

Côté jeux, le résultat est sans surprise plus mitigé : si certains fonctionnent bien et en plein écran (ils sont tout de même rares), la plupart s’affiche dans une petite fenêtre (à la résolution - faible - des téléphones traditionnels) et le reste plante ou sont injouables (nécessitent les boutons téléphoniques ou graphisme totalement décentré). Bref, c’est évidemment de ce côté qu’Archos devra faire le plus d’effort pour se constituer une ludothèque digne de ce nom.
L’application BetterAndroid permet d’avoir un bureau étendu à 7 écrans
Allumage et extinction
L’allumage complet du baladeur et la mise en veille passent tous deux par le même bouton situé sur la tranche supérieure de la tablette.
Sous le firmware testé, l’allumage complet était... long : 50s ! Il faut donc espérer qu’Archos réussira à réduire fortement ce temps de démarrage fastidieux, qui affiche tour à tour le logo Archos puis celui d’Android.
Côté mise en veille, en revanche, pas de mauvaise surprise : tout se passe pour le mieux. L’utilisateur peut, soit éteindre simplement l’écran (appui court sur le bouton On/Off), soit le redémarrer ou l’éteindre complètement (appui long puis sélection des différents modes dans le menu qui apparait).
Autonomie
Malgré des spécifications officielles basses pour l’Archos 5 de première génération, la pratique avait montré que l’autonomie pouvait atteindre sans difficulté les 6h en vidéo. Quid de cette nouvelle génération ?
Après un test rapide, sans préparation particulière au préalable, la sentence est sans appel : excellent !
Avec la procédure de test habituelle d’ArchosLounge, le nouvel Archos 5 a tenu sans sourciller 6h20.
Accessoires
Selon Archos, l’ensemble des accessoires de la génération précédente reste compatible avec ce nouvel Archos 5. De fait, nous avons pu constater que le mini dock permettait bien de recharger la tablette, mais les quelques clefs USB testées ne semblaient pas reconnues. Ici encore, il faudra attendre le firmware officiel pour se prononcer, mais il n’y a priori pas de raisons pour qu’Archos abandonne une de ses fonctions historiques.
Le mini-Dock sous tous les angles



Le DVR Snap-on


Conclusion
Ce petit tour d’horizon reste bien évidemment insuffisant pour recenser toutes les subtilités de ce produit. Mais il permet néanmoins de se faire une opinion.
Contrairement au lancement en catastrophe de la génération 6, celle de la génération 7 semble globalement aboutie : le produit est largement opérationnel et rencontre in fine peu de bugs, Android oblige.
Avec ce produit, Archos a voulu associer le meilleur des deux mondes : un OS ouvert et stable d’un côté, gage d’un développement communautaire important, des fonctions multimédia puissantes de l’autre. Archos a-t-il réussi son pari ?
Actuellement, la question n’est pas tranchée : si cette nouvelle tablette internet possède d’incontestables atouts, il lui manque la finition digne des plus grands : design perfectible, interface propriétaire minimaliste... L’utilisateur peut se retrouver frustré et préférer conserver son Archos 5 de première génération pour sa simplicité et ses qualités multimédia.
En revanche, pour celui qui cherche à faire évoluer son lecteur multimédia en véritable couteau suisse, le saint Graal semble à portée de main. Ou plutôt à portée de firmware.
Les prochaines semaines nous diront si les équipes de R&D d’Archos réussiront à fignoler un produit plein de promesses...
Toutes les infos sur le site d’Archos.
Retrouvez pleins de vidéos réelles de l’Archos 5 sur notre compte Dailymotion !